samedi 20 juin 2009

Essai de recensement

En vertu du principe de l'égalité de naissance, le décret du 30 juillet 1791, puis la Convention le 20 août 1793, supprimèrent tous les ordres et signes distinctifs. « Je défie qu'on me montre une République ancienne ou moderne dans laquelle il n'y a pas eu de distinctions » déclarait le Premier Consul, Les Français « n'ont qu'un sentiment, l'honneur. Il leur faut donc donner un aliment à ce sentiment-là ; il leur faut des distinctions. » C’est ainsi que le 29 floréal an X (19 mai 1802), est promulguée la loi portant création et organisation de la Légion d'Honneur. Le nouvel ordre se voulait être un corps d'élite destiné à réunir le courage des militaires aux talents des civils, formant ainsi la base d'une nouvelle société au service de la Nation. Les collectivités pouvaient également recevoir ce témoignage officiel de reconnaissance de la France.

Une seule ville du département a obtenu cette distinction : Saint Dizier. Le décret a été signé le 16 septembre 1905 par Emile Loubet, et le rapport de proposition donne les raisons de cette attribution : « en raison de la belle résistance de la ville de Saint Dizier en 1544, contre l’armée impériale commandée par Charles Quint, et pour perpétuer le souvenir de ce siège en autorisant la ville à ajouter à ses armoiries la croix de la Légion d’Honneur ». La présidence voulut à cette occasion rappeler un fait d’armes datant de plus de trois siècles, alors que la ville avait souffert des invasions successives au cours du XIXème siècle, et peut être ainsi symboliser l’union du passé et du présent sous le signe du dévouement à la Patrie.

Les multiples réformes dans les grades et dignités ainsi que dans leur mode d’attribution dépassant largement le cadre du recensement que nous nous sommes imposé, l’énumération qui suit présente uniquement les noms prénoms et de manière succincte l’état civil des récipiendaires nés en Haute Marne avant 1892 en renvoyant aux sources consultées pour tous renseignements complémentaires sur leurs carrières et les raisons d’attribution de la décoration. Il ne pouvait toutefois pas être passé sous silence l’attribution de la Grand Croix de l’Ordre à Denis DECRES, à Gilbert DUFOUR, à Jean Baptiste PELLETIER et à Gaston PRETELAT ; celle de première femme haut marnaise ayant obtenu la Légion d’Honneur à titre militaire à Aurélie PICARD-TIDJANI, ni à la religieuse Joséphine CORNIBERT ; ou le caractère posthume de la remise de celle ci à Jean Baptiste SALME, voire même la déchéance dont ont pu être frappés certains membres comme Alexandre DONNOT. Des haut marnais d’adoption se sont vus distinguer, mais leur recensement s’avère quasiment impossible si leur naissance ou leur décès n’est pas survenu dans le département. L’exhaustivité souhaitée du recensement qui suit n’exclut d’ailleurs pas d’involontaires oublis, de par la difficulté à retrouver les récipiendaires décorés à titre posthume ou non enregistrés à la Grande Chancellerie, notamment dans la première moitié du XIXème siècle.


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